Miguel Benasayag : Imaginer un nouveau paradigme qui échappe au pouvoir global

La politique institutionnelle est dominée par des macro-processus, économiques notamment, qui des lieux de pouvoir font des lieux d’impuissance. Vouloir conquérir ce pouvoir n’a donc pas de sens. Il faut plutôt construire des contre-pouvoirs ouverts au monde, de nouvelles formes d’agir et de nouvelles alliances.

Miguel Benasayag (Photo Lina Etchesuri, Lavaca).

Avant les Rencontres 2016 des Ami(e)s de François de Ravignan, Pascal Pavie a rencontré, à Paris, Miguel Benasayag (1). Voici une synthèse de leur conversation.

La question posée au départ par Pascal est : « Comment se fait-il, alors que nous avons tant d’initiatives alternatives en France, qu’il n’y ait pas de traduction politique autour de ces alternatives ? »

« Depuis des années », répond Miguel Benasayag, « je me radicalise par rapport à la question du pouvoir politique : La politique représentative, la politique institutionnelle, est de plus en plus imbriquée, colonisée, dominée par des macro-processus économiques, idéologiques, politiques énormes non maîtrisables. Il y a des gens qui bénéficient de cela, mais personne ne le maîtrise. Je suis absolument convaincu que des macro-processus géopolitiques, macro-économiques, macro-techniques, très imbriqués comme la digitalisation du monde, ont pris une certaine autonomie et se servent du pouvoir. Les multinationales agissent comme des organismes semi-indépendants qui définissent leur propres stratégies. Nous le savons, il n’y a pas une décision macro-économique qui soit prise par des humains, ce sont des machines qui font le calcul de milliards d’algorithmes par seconde, qui tiennent compte de tonnes de macro-données, c’est ce que j’appelle les big data, qui décident s’il faut investir dans le cacao, entrer en guerre, racheter tel groupe… »

Face à cette réalité, « la seule façon d’agir en société, la seule façon de construire quelque chose qui résiste, c’est de construire des contre-pouvoirs, de manière à faire pression sur le pouvoir. »

Miguel Benasayag met tout de suite en garde contre la tentation de la prise du pouvoir : « Nous devons vraiment nous vacciner contre ce torticolis qui nous fait regarder le pouvoir, vers le haut ; je suis convaincu qu’il faut abandonner l’idée qu’il peut y avoir un pouvoir au bout et qu’il peut y avoir une société gérée de la bonne façon. »

Il l’illustre avec sa vision de l’exemple de Podemos (2) : « Je pense que, malheureusement, Podemos a pris le chemin de « no podemos ». La première chose que va dire le premier ministre de Podemos en Espagne, si un jour il y en a un, ce sera « no podemos ». Malheureusement, et avec la bonne intention de beaucoup de gens dans Podemos, certainement la majorité, Podemos va finir par dire « no podemos », parce que les lieux institutionnels centraux sont les lieux de l’impuissance. Il faut regarder les expériences, il n’y a pas des corrompus, des pourris, des traîtres, il n’y a que des gens qui ont compris que « no podemos ». Moi, je pense qu’il ne faut pas abandonner les lieux institutionnels, je pense que si l’on a des députés, si on peut gagner de l’influence c’est bien ; simplement il faut comprendre que les lieux institutionnels ne sont pas les lieux du changement social. »

Il fait le lien avec la situation en Grèce : « Il y a l’illusion de dire « bon, je connais la machine je peux la débrancher ». On peut croire que les copains grecs, ou d’autres, sont bêtes, qu’ils n’ont pas vu où était la prise pour la débrancher. La réalité c’est qu’on est dans un monde au niveau de la globalité, et je crois que l’alternative doit partir de la prise de conscience par rapport à la globalité… »

Miguel Benasayag voit deux possibilités, pour les initiatives alternatives : la première c’est « construire notre petite vie dans notre coin ; là, on nous laisse jouer dans la récré. » Et il cite l’exemple des communautés hippies qui « chez nous en Argentine sont devenues des lieux occultes, avec des gourous, un désastre » et des kibboutz, « qui sont devenus des lieux réactionnaires, de richards ». L’autre possibilité c’est de « construire des expériences alternatives ouvertes au monde ». Il cite le renouveau des coopératives en Argentine, avec notamment l’expérience de Lavaca (voir plus loin), et de nombreuses expériences en Amérique Latine, « écologiques, micro-communautaires, qui petit à petit construisent un nouveau paradigme de façon de désirer, de solidarité, de sociabilité. Ces expériences-là, dans la mesure où elles peuvent rester ouvertes, ne pas se présenter comme des donneurs de leçon mais comme des laboratoires, elles peuvent être les lieux d’où petit à petit émerge ce dont on a besoin tous, c’est-à-dire de savoir comment aujourd’hui on peut assumer les grands défis qui menacent la vie sur la planète, comment on peut répondre au désastre écologique qui est lié probablement aux modes de production, de désir, de consommation. »

« Aucun pouvoir ne peut nous dicter nos désirs »

Cette réponse aux grands défis ne peut être attendue du pouvoir : « Aucun pouvoir ne peut te dire ce tu désires, ce que tu désires consommer ou pas, aucun pouvoir ne peut te dire comment tu vas te sentir heureux. Ce dont on a besoin, ce sont des lieux de sociabilité, des désirs, une esthétique autre qu’une esthétique individualiste de consommation ; ça, ça ne peut se produire que par des expériences multiples, conflictuelles, ouvertes à la base ; on n’a pas besoin aujourd’hui d’un gouvernement qui distribue. »

Et il donne l’exemple du gouvernement néo-péroniste argentin de Cristina Kirchner (qui a perdu les élections présidentielles de décembre 2015 face au libéral Mauricio Macri). Cristina Kirchner, dit-il, « gardait le vieil idéal de gauche de distribuer des subsides à tout le monde. (…) Pour moi, aujourd’hui être de gauche ne veut pas dire produire pour distribuer. Il y a un vrai problème parce que même chez Marx la question c’est de développer les forces productives pour pouvoir changer les rapports de production, c’est-à-dire qu’il y ait beaucoup de pommes de terres pour pouvoir les répartir. Si la gauche garde l’idée de sur-produire pour répartir, elle fait une erreur, c’est ce qu’a fait Cristina Kirchner chez nous : surproduire des OGM, des minerais à ciel ouvert, des automobiles… Mais quel est le problème ? Le problème c’est un gouvernement qui dit, d’en haut, « vous ne devez pas désirer de voitures, vous ne devez pas désirer consommer » ; ça, ça s’appelle la dictature maoïste, la dictature stalinienne, de dire aux gens ce qu’ils doivent désirer ; en plus, ça provoque le contraire ».

« Alors moi, je pense qu’il faut changer l’imaginaire, construire un imaginaire nouveau, il faut construire un paradigme, sans pour autant prétendre dire ce que va devenir le monde d’ici 50 ans. Mais, en quelque sorte la globalité reste toujours du côté de l’ennemi. Nous ne pouvons qu’agir localement, dans la multiplicité, dans la conflictualité. L’idée d’un modèle global qui s’oppose au modèle global actuel est un piège. »

« Il faudrait pouvoir inventer de nouvelles formes d’agir, d‘accumulation de forces horizontales avec d’autres alliances, avec d’autres modes de production, avec d’autres expériences ; j‘en ai rencontré des centaines de fois, des expériences différentes dans divers lieux du monde.« 

Miguel Benasayag en vient à l’expérience de la coopérative Lavaca (de « la vaca » = la vache), dont il fait partie. C’est une expérience « vraiment très puissante, très intéressante. Ils se sont ramifiés horizontalement vers des tas de choses, en fédérant, non pas en fédérant comme un noyau mais en fédérant de façon horizontale, rhizomatique. Tout ce qui est activité artistique, d’édition, sociale, économique, politique, tout passe par Lavaca mais ne converge pas vers Lavaca. Il y a, entre tout cela, un lien organique en même temps très distendu pour qu’il n’y ait aucune centralité ; il y a un lien avec toutes les luttes qui émergent comme les luttes des Indiens, des transsexuels, des prostituées, des enfants de la rue, des syndicats ; il y a un réseau de 200 radios dans lequel chaque programme est diffusé par chaque radio, ce qui permet de faire un journalisme en profondeur, intensif et non pas un journalisme de blabla. »

A ce moment de la conversation, Pascal avance l’exemple de la Coopérative Intégrale Catalane ou celle de Toulouse, dont l’état d’esprit est proche de celui de Lavaca. Miguel Benasayag ne connaît pas ces expériences, ce qui est significatif de la nécessité criante de « relier les initiatives alternatives », le thème de ces Rencontres 2016.

Miguel conclut : « Je pense que c’est cet état d’esprit, qui ne devra jamais aboutir à un modèle, qui va être la puissance suffisante pour que des issues par rapport à ce qui menace la vie à notre époque puissent être créées. Il faut créer les conditions pour que les gens ne puissent pas être absolument colonisés dans leurs têtes, dans leurs corps et dans leurs désirs par le néo-libéralisme, parce que les points gagnés par le néo-libéralisme, contrairement aux militaires et aux dictatures, ils sont gagnés dans nos têtes. »

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1) Miguel Benasayag, né en Argentine en 1953, est philosophe, psychanalyste et chercheur en épistémologie. Il a milité en Argentine (notamment dans la guérilla guévariste des années 60 et, depuis 2010, avec la coopérative Lavaca), en France (il est, par exemple, l’auteur du « Manifeste du réseau de résistance alternatif ») et en Italie (mouvement coopératif).

2) Podemos (« nous pouvons ») : mouvement politique né en Espagne, à la suite des mobilisations de rues en 2011, et qui s’est donné pour objectif de faire accéder les citoyens aux pouvoirs institutionnels.

Des représentants de Podemos ont participé aux Rencontres 2016 : Voir le compte-rendu.

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En savoir plus :

. Sur Miguel Benasayag.

. Sur Lavaca.

. Sur la Coopérative Intégrale Catalane.

Et encore sur la Coopérative Intégrale Catalane.

Podemos : de la rue aux institutions

« Nous avons décidé d’aller dans les institutions, au risque de se perdre, quelle autre solution avions-nous ? », dit Alberto Arricruz, expliquant la stratégie de Podemos. Ce mouvement a choisi de prolonger la mobilisation des Espagnols dans la rue depuis le 15 mai 2011 par un processus de conquête des institutions. Apparaît alors le risque que Podemos devienne un parti politique comme les autres…

Entre Alberto et Lola, Alistair, animant le débat.

Entre Alberto et Lola, Alistair, animant le débat.

Nous avons eu la chance, lors de ces Rencontres 2016 des Ami.es de François de Ravignan, de recevoir deux représentants de Podemos : Alberto Arricruz, co-coordinateur du Cercle de Paris (l’un des plus importants de Podemos), et Lola Bañon, conseillère en communication de la Comunitat Valenciana (pouvoir autonome régional), journaliste à la télévision et enseignante en journalisme à l’Université de Valence.

Podemos, comme le rappelle Alberto Arricruz, est né des mobilisations qui ont surgi spontanément en Espagne à partir du « 15M » (le 15 mai 2011 ; on a aussi parlé de « mouvement des indignés »). « Le 15M a surpris beaucoup de gens, y compris en Espagne. La jeunesse a surgi sur les places en dénonçant la démocratie factice et en disant : ils ne nous représentent pas. »

Ces mobilisations sont venues à la suite d’une crise économique très dure, avec notamment l’éclatement de la bulle immobilière, et de la mise en place, par le gouvernement du Parti Populaire (droite), d’un programme d’austérité (parmi lequel des baisses drastiques du budget de la sécurité sociale). Le PP dit avoir « sauvé les banques », en réalité il a enrichi les grandes fortunes et en a fait payer les conséquences à la population : parmi les effets de la crise, de très nombreuses expulsions de familles accédant à la propriété et une hausse du chômage, qui prive la jeunesse de perspectives : avec, par exemple, 50 % de jeunes au chômage dans le Sud de l’Espagne ; et 1,5 millions d’Espagnols qui ont émigré ces dernières années.

Podemos s’est alors constitué « avec l’idée que l’on ne pouvait pas laisser les institutions aux mains de ces gens-là et qu’il fallait aller aux institutions, avec toutes les contradictions que cela comporte. »

A l’origine de Podemos, en 2014, quelques personnalités, dont Pablo Iglesias, qui ont appelé à constituer des listes alternatives aux élections européennes. Ces listes ont obtenu 8 % des voix : « un premier tremblement de terre. Le deuxième tremblement de terre c’est quand Podemos est devenu un parti politique en novembre 2014. » Un parti particulier : pour y adhérer il suffit de s’inscrire sur internet (gratuitement et avec possibilité de don), ce qui permet de participer aux débats et aux votes internes. Le parti est également structuré en cercles, locaux ou par métier, où tout le monde peut venir librement. Cette assise populaire est un socle essentiel de Podemos.

Alberto Arricruz.

Alberto Arricruz.

La contre-offensive du pouvoir a montré que celui-ci prend au sérieux la menace de Podemos. La droite, dit Alberto Arricruz, a créé et subventionné un nouveau parti, « Ciudadanos » (citoyens), à partir du parti catalan existant « Ciutadans ». Ciudadanos se dit, comme Podemos, parti de rassemblement populaire et affiche des positions de centre droit.

En mai 2015, lors des élections municipales, les listes proches de Podemos sont arrivées en tête dans les plus grandes villes du pays et, moyennant des alliances, ont accédé au pouvoir municipal.

Puis sont venues les élections générales (au Congrès des députés et au Sénat), en décembre 2015. Podemos et ses alliés ont recueilli au congrès des députés 20 % des suffrages exprimés, très près du PSOE (Parti socialiste ouvrier espagnol, 22 %) et devant Ciudadanos (14 %). Le PP (28 %) et le PSOE ont perdu énormément de voix : ils sont passés, ensemble, de 73 % en 2011, à 51 % en 2015.

Podemos aurait pu accéder au gouvernement, moyennant une alliance avec le PSOE. Mais celui-ci a préféré tenter une alliance avec Ciudadanos, sans succès ; il a fini, à l’issue de la dissolution du congrès et de nouvelles élections aux résultats proches des premières, par permettre, en s’abstenant, l’investiture de Mariano Rajoy, le leader du PP. Cela malgré les tentatives de Podemos de trouver à nouveau une alliance PSOE-Podemos.

« La lutte est très âpre », dit Alberto Arricruz, qui n’attend rien des socialistes, « le parti qui a gouverné le plus longtemps depuis Franco » et qui est donc responsable, avec le PP, de la politique favorable aux élites au détriment de la grande masse de la population. Mais Alberto Arricruz est confiant : « Podemos obtient plus de 30 % des votes chez les moins de 35 ans : Nous sommes le parti de l’avenir ».

La force de Podemos c’est son ancrage populaire

Fille d’ouvriers, sans avoir jamais adhéré à un parti, Lola Bañon se sent « socialiste dans l’âme » et se dit très déçue que le PSOE « n’ait pas fait son travail ; c’est très douloureux pour nous. » Il y a, dans les militants de Podemos, de nombreux socialistes, au côté de communistes et d’anticapitalistes.

Lola Bañon.

Lola Bañon.

Elle revient sur les origines de Podemos : « Sa véritable origine, ce sont des professeurs d’université qui ont élaboré une pensée politique à partir des récentes révolutions latino-américaines ». Elle souligne aussi que « le 15M n’aurait pas été possible sans les printemps arabes ».

Personnellement, Lola Bañon a hésité avant de s’engager dans Podemos. Du fait notamment de son métier de journaliste, elle souhaitait garder sa neutralité. Mais elle a choisi « l’opportunité d’agir ».

Pour les militants qui vont aux élections avec Podemos, dit-elle, « ce n’est pas une façon de gagner leur vie ; ils gagnent moins en tant qu’élus que dans leur métier, et ils mettent en péril leur carrière. »

« Être dans la rue, c’est très important. Mais pour prendre le pouvoir nous devons être plus offensifs. La capacité à organiser un parti, on ne la trouve pas dans la rue mais dans les structures politiques ; la rue a accompagné ce mouvement. »

« Le vote Podemos est populaire », souligne Alberto Arricruz. « Nous avons beaucoup discuté pour savoir si nous devions nous présenter comme un parti de gauche, ce qui revenait à être catalogués d’extrême gauche. Mais nous nous adressons à tout le monde ; nous ne nous sommes pas construits sur un programme alternatif mais sur une bataille culturelle pour le sens et pour catalyser les émotions, le parler vrai. Nous avons voulu créer un rassemblement populaire en n’oubliant personne. »

Podemos reste en construction. En 2017 il va mettre en place « une nouvelle organisation, pour s’installer, sans devenir un parti comme les autres. On continue de courir en s’attachant les lacets en même temps », comme disait Pablo Iglesias.

Une question cruciale des débats de ces Rencontres surgit alors : Comment éviter de retomber dans les travers du pouvoir ? Les représentants de Podemos répondent : « La nature humaine est ce qu’elle est, partout, ce risque existe ; mais les gens ont fait beaucoup de sacrifices dans leur profession pour s’engager dans Podemos, et puis il y a la limitation à deux mandats, la révocabilité des élus par référendum révocatoire, la limitation des revenus, une éthique et la possibilité d’aller chercher l’expression populaire le plus souvent possible. »

« Le programme électoral de Podemos a été élaboré de façon démocratique, lors de débats à la base. Et si Podemos a été construit comme une machine électorale, il doit se conforter par un bon exercice du pouvoir local et travailler dans les luttes sociales et les chaîner dans la même direction. » Alberto Arricruz cite Gramsci qui soulignait la nécessité de passer d’une lutte de mouvement à une guerre de positions. « Podemos, c’est le moyen de tenir des positions. »

« Les Espagnols », dit-il, « ont tendance à croire que leur système démocratique, issu de la transition après le franquisme (et négocié avec le pouvoir franquiste qui a obtenu l’impunité pour les crimes passés et le maintien de l’oligarchie) est typiquement espagnol. En fait, dans la période actuelle, la situation est la même que dans toute l’Europe, avec une alternance factice pour maintenir le pouvoir de la finance supranationale ; et ces pouvoirs tolèrent l’extrême droite : la différence, en Espagne, c’est que le PP contient l’extrême droite. »

Cela étant, « l’Espagne est l’un des rares pays d’Europe où l’alternative n’est pas populiste mais progressiste. » Globalement, en Europe « les pouvoirs factices » (de droite ou sociaux-démocrates) « préfèrent les fascistes aux alternatives démocratiques ».

Dans un contexte de reconquête des acquis populaires par le monde des grandes entreprises et de la finance, les mois et les années à venir risquent d’être difficiles pour la grande majorité des citoyens européens. L’expérience de Podemos est l’une des alternatives dans lesquelles repose quelque espoir, même si espérer n’empêche pas de garder son esprit critique.

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